Mademoiselle Chanel par Colette

Temps de lecture : 4 minutes

 Gabrielle Coco Chanel en 1920 Esprit de Gabrielle jeronimodiparigi-dev-esprit-de-gabrielle.pf1.wpserveur.net

 

Si chaque visage humain porte la ressemblance d’une bête à bec, à museau, à naseaux, à mufle, à trompe, à crinière, Mademoiselle Chanel est un petit taureau noir. Que vient faire ici la Camargue ? L’Auvergne réclame sa pionnière… Il n’importe : de par l’énergie butée, la manière de faire face, d’écouter, par l’esprit de défense qui, parfois, lui barricade le visage, « Chanel » est un taureau noir. La touffe sombre, frisée, apanage des taurillons, retombe sur son front jusqu’à ses sourcils et danse à tout mouvement de sa tête. C’est au secret du travail qu’il convient de regarder cette figure de conquérante réfléchie.

On la dite fort riche. Par chance, elle n’a rien gardé, sur elle-même, du contagieux éclat de l’or, indiscrète lumière qu’exsudent les êtres faibles et comblés de biens.

La voici piétée sur des matériaux bruts, entre des pilastres de jersey, des poutrelles de foulard imprimé, couchés. De longs drains de satin roulé chatoient – chaos de moellons élastiques dont l’éboulement ne s’accompagne d’aucun bruit.

Les parois mêmes de la pièce sont enflées de sourds molletons, de duveteux lainages, ici tout est silence.

Une figuration, murette au murmure d’acquiescement près, retient son souffle : Mademoiselle Chanel est occupée à sculpter un ange de six pieds. Un angle blond doré, impersonnel, séraphiquement beau si l’on ne prend pas garde à sa rudimentaire ciselure, à l’indigence de sa chair, et morne – un de ces anges à porter le diable en terre.

L’ange, inachevé, chancelle parfois sous les deux bras créateurs, sévères, pétrisseurs, qui le pressent. Chanel travaille des dix doigts, de l’ongle, du tranchant de la main, de la paume, de l’épingle et des ciseaux, à même le vêtement, qui est une vapeur blanche de longs plis, éclaboussée de cristal émietté.

Parfois elle tombe à genoux devant son œuvre et l’étreint, non pour la révérer, mais pour la châtier encore, pour resserrer sur les hautes jambes de l’ange son nuage, assagir quelque expansion de tulle…

Fougueuse humilité d’un corps devant sa besogne préférée ! Chanel est ainsi pareille, les reins tendus, les pieds repliés sous les cuisses, à la lavandière prosternée qui bat le linge, aux dures ménagères, entraînées, jour après jour, et vingt fois par jour, à de prestes génuflexions de nonnes. Cet entraînement professionnel du corps la laisse mince, un peu creusée par la fatigue. Elle m’offre en ce moment une nuque dévorée de cheveux noirs qui croissent avec une vigueur végétale. Elle parle en travaillant, bas, d’une voix contenue exprès. Elle parle, elle enseigne et reprend, avec une sorte de patience exaspérée. Je distingue des mots réitérés, chantonnés comme des motifs musicaux essentiels : « J’ai horreur des petits machins… Combien de fois faudra-t-il redire que l’ampleur amincit ? Je ne me lasserai pas de redire… Appuyez là, donnez de l’aisance ici… Non, pas de petits machins sur un tissu qui se défend tout seul… Non, n’étriquez pas… Je ne me lasserai pas de redire… »

Cette douceur, que Mademoiselle Chanel exige – et obtient – d’elle-même, me surprend plus que son autorité, car j’ai lu sur son visage ce qui est le plus lisible : deux longs sourcils noirs qu’elle n’épile point, despotiques, aptes à se joindre, se hausser, s’abaisser – surtout s’abaisser ! – tressaillant chaque fois que la touffe de cheveux dansante les agace. De ces sourcils, l’attention descend à la bouche, mais là je ne décide pas si aisément, car à l’instant de la concentration et du mécontentement le milieu du visage devient, semble-t-il, concave, aspiré du dedans, retiré sous l’auvent du sourcil, sous la volute noire des cheveux. Ce n’est qu’un instant, mais de mutisme total, de retraite farouche, une pétrification éphémère à laquelle la bouche échappe soudain – lèvres flexueuses, aux coins tristes, impatientes, domptées, punies par des dents coupantes…

L’ange mannequin est parti. Un autre séraphin, roux, l’a remplacé et s’en va. Puis, c’est une sorte de déité, dominée, si j’ose écrire, tellement qu’elle semble avoir chu du ciel, la tête la première, dans un tonneau de mélasse… A chaque céleste passante « Chanel » rêve d’attacher quelque séduction terrestre, car j’entends la voix basse et obstinée : « Enlevez ces petits machins… Ne chargez pas ce décolleté… Je veux voir le poignet, le cou… Tenez, regardez ce que je fais… Je ne me lasserai pas de redire… »

Une pause m’émerveille. Mademoiselle Chanel se repose debout comme les chevaux de sang, mange de même et goûte d’un petit pain, faisant à coups de dents voler – ainsi disaient nos pères – les miettes au plafond.

Deux sombres feux, sous la touffe drue, vont darder enfin vers moi, je pense, l’humeur gaie du petit taureau noir en récréation… Non. Pas encore. Mademoiselle Chanel, déposant son pain-flûte, manie amoureusement un cuir d’antilope, mol et gratté, poncé, fondant, et sa doublure de fourrure plus suave encore :

— C’est pour moi, ça, c’est pour moi ! Enfin un vêtement pour moi !

Oh ! Que ça va être bon d’avoir si chaud ! Un bon vêtement fourré bien léger, bien clos…

Elle ferme les yeux et serre contre sa joue, d’un geste exclusivement féminin, la fourrure rase et sa fauve odeur, et j’évoque à voix haute la promenade ralentie en plein air hivernal, le demi-sommeil en voiture, sous le manteau d’antilope. Les paupières fermées dévoilent brusquement deux prunelles couleur de granit pailleté, couleur d’eau montagnarde au creux d’une roche ensoleillée, et Mademoiselle Chanel rembarre net mes suggestions de paresse emmitouflée :

— Ça ? C’est pour aller chasser le sanglier.

 

COLETTE, magazine Bravo, avril 1930

magazine bravo 1930 chanel petit taureau noir par colette Esprit de Gabrielle jeronimodiparigi-dev-esprit-de-gabrielle.pf1.wpserveur.net

 

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Bibliographie : tout sur Gabrielle Chanel

Temps de lecture : 2 minutes

La bible des Chaneliens


L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel

Edmonde Charles-Roux, Ed. Grasset (1974, réédité en 2008 au Livre de Poche).

Le Temps Chanel
Edmonde Charles-Roux, Ed. de la Martinière · Ed. Grasset (1979)

J’ai dédié un article à ces deux ouvrages : cliquez ici pour le consulter.

 

Par ordre chronologique de parution

Les campagnes photographiques de Karl Lagerfeld
Karl Lagerfeld & Patrick Lauriès, Ed. de la Martinière (2018)

Coco Chanel
Marion Besnard & Eva Roussel, Ed. Les P’tits Berets (2018)

Coco Chanel
Isabel Sanchez Vegara & Ana Albero, Ed. Kimane (2018)

Chanel, une allure éternelle
Bertrand Meyer-Stabley & Lynda Maache, Ed. Bartillat (2017)

Gabrielle Chanel, un été à Biarritz
Marie-France Lecat, Cairns Ed. (2017)

Chanel, la femme qui lit
Jean-Louis Froment, Ed. de la Martinière (2017)

Chanel Figures de style
Jérôme Gautier, Ed. Thames Hudson (2017, ré-édition du livre paru en 2011)

Dans les champs de Chanel
Lionel Paillès, Ed. de La Martinière (2016)

Coco Chanel
Megan Hess, Ed.L’imprevu (2016)

L’intégrale des collections de Karl Lagerfeld, Chanel Défilés
Adelia Sabatini, Patrick Mauriès , Ed. de La Martinière (2016)

Chanel, l’énigme
Isabelle Fiemeyer, Ed. Flammarion (2016)

L’enfance de Chanel
Henri Ponchon, Ed. Bleu Autour (2016)

Coco Chanel, une couturière à contre-courant
Sandrine Papleux, Ed. 50 Minutes (2016)

Coco Chanel
Mathieu Ferret, Bruno Wennagel, Patricia Crété, Ed. Quelle histoire (2015)

Chanel par Willy Rizzo
Fabrice Gaignault, Dominique Rizzo, Danniel Rangel, Egc Eds. (2015)

Notre Chanel
Jean Lebrun, Ed. Bleu autour (2014)

La petite veste noire, un classique revisité
Karl Lagerfeld & Carine Roitfeld, Ed. Steidl (2014)

Chanel : mode, joaillerie, parfum
François Baudot & Françoise Aveline, Ed. Assouline (2013)

Culture Chanel
Catalogue de l’exposition, ouvrage collectif, Ed. de la Martinière (2013)

Chanel & Co, Les amies de Coco
de Marie-Dominique Lelièvre, Ed. Denoël (2013)

Coco Chanel
Pascale Frey & Bernard Ciccolini, Ed. Naïve (2013)

Mademoiselle dite Coco
Madeleine Mansiet-Bethaud, Ed. de Borée (2013)

Coco Chanel
Elisabeth Weissman, Ed. Libretto (2013)

Le Petit Livre de Chanel
Emma Baxter-Wright, Ed. Eyrolles (2012)

Dans le lit de l’ennemi
Hal Vaughan, Ed. Albin Michel (2012)

Les bijoux de Chanel
Patrick Mauriès, Ed. de La Martinière (2012)

Coco Chanel, une icône
Catherine de Montalembert, Ed. de la Martinière (2012)

Chanel intime
Isabelle Fiemeyer, Ed. Flammarion (2011)

Chanel, sa vie
Justine Picardie, Ed. Steidl (2010)

Chanel
Jean Leymarie, Ed. de La Martinière (2010)

Misia Sert & Coco Chanel
Dominique Laty, Ed. Odile Jacob (2009)

Coco Chanel
Henry Gidel, Ed. Flammarion (2000)

Coco Chanel, un parfum de mystère
Isabelle Fiemeyer, Ed. Payot & Rivages (1999)

Mémoire de Coco
Louise de Vilmorin, Ed. Gallimard (1999)

Coco Chanel, la passion foudroyée
Sophie Troubac, Ed. Sauret (1995)

Chanel m’a dit
Lilou Marquand, Ed. JC Lattès (1990)

Coco Chanel
Marcel Haedrich, Ed. Belfond (1987)

Chanel Solitaire
Claude Delay, Ed. Gallimard (1983)

L’Allure de Chanel
Paul Morand, Ed. Hermann (1976)

Coco Chanel secrète
Marcel Haedrich, Ed. Robert Laffont (1971)

Prisons et paradis
Colette, Ed. Fayard (1932)

 

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La bible des Chaneliens

Temps de lecture : 2 minutes

l'irrégulière le temps chanel

L’Irrégulière, ou mon itinéraire Chanel est une biographie très bien documentée, écrite par Edmonde Charles-Roux, journaliste à Elle, Paris Match et Vogue, qui côtoyait régulièrement Coco. En 1974, soit trois ans après la disparition de Gabrielle Chanel, elle publie ce livre magnifique sur lequel elle travaillait depuis de nombreuses années.

Je relis ce livre toujours avec beaucoup de plaisir car il est écrit comme une véritable enquête policière à travers la vie de Coco Chanel et surtout celle qu’elle s’évertuait à cacher ou travestir ! Le récit est chronologique et, grâce à la formidable plume d’Edmonde Charles-Roux, il nous plonge  la fois dans la vie de Chanel et remet, avec beaucoup de précision et moultes anecdotes, l’histoire dans son contexte, dans toutes les époques qu’elle a traversées et les personnages qu’elle a côtoyés.

Edmonde Charles-Roux

Edmonde Charles-Roux © DR

L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel Edmonde Charles-Roux,
Ed. Grasset (1974, réédité en 2008 au Livre de Poche).

 

 

Le Temps Chanel d’Edmonde Charles-Roux est un beau livre, richement illustré. Il est, pour moi, indissociable de LIrrégulière car il est le complément idéal de la biographie de Chanel. Les textes sont courts, parfaitement ciselés et l’abondante iconographie permet de se (re)plonger dans le siècle dernier. La réédition de 2004 a été revue et augmentée par l’auteur.

Le Temps Chanel Edmonde Charles-Roux,
Ed. de la Martinière · Ed. Grasset (1979)

 

 

 

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Les films consacrés à Gabrielle Chanel

Temps de lecture : 1 minute

Films Coco Chanel Esprit de Gabrielle

 

COCO AVANT CHANEL

Film d’Anne Fontaine (2009), d’après le livre d’Emonde Charles-Roux, L’Irrégulière, avec Audrey Tautou (Gabrielle Chanel), Benoît Poelvoorde (Etienne Balsan), Alessandro Nivola (Boy Capel), Marie Gillain (Adrienne), Emmanuelle Devos (Emilienne d’Alençon)…

 

 

 

COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY

Film de Jan Kounen (2009), d’après le roman de Chris Greenhalgh, Coco et Igor, avec Anna Mouglalis (Coco Chanel), Mads Mikkelsen (Igor Stravinsky), Elena Morozova (Catherine Stravinsky), Natacha Lindinger (Misia Sert), Grigori Manoukov (Serge de Diaghilev)…

 

 

COCO CHANEL

Téléfilm en deux épisodes de Christian Duguay (2008) avec Barbara Bobulova (Coco Chanel jeune), Shirley MacLaine (Coco Chanel âgée), Olivier Sitruk (Boy Capel), Sagamore Stevenin (Etienne Balsan), Malcolm McDowell (Marc Bouchier)…

 

 

CHANEL CHANEL

Documentaire de (2009) de Eila Hershon et Roberto Guerra (en anglais).

 

SIGNÉ CHANEL

Documentaire de Loïc Prigent (2005) en cinq épisodes, consacrés à la création d’une collection de haute-couture : la création, le travail, l’entourage et les à-côtés de la collection, de l’atelier et du défilé.

 

CHANEL SOLITAIRE

Téléfilm de George Kaczender (1981), d’après de roman éponyme de Claude Delay, avec Marie-France Pisier (Coco Chanel), Dimothy Dalton (Boy Capel), Rutger Hauer (Etienne Balsan), Brigitte Fossey (Adrienne), Karen Black (Emilienne d’Alençon)…

 

 

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CHANEL’s charming chemise dress (1916)

Temps de lecture : 1 minute

En 1916, le magazine américain Harper’s Bazaar publia le premier modèle jamais reproduit de Gabrielle Chanel : une robe de la collection de Biarritz.

Le modèle est très pur : pas de corsage, pas de ruchés, pas de volants… La robe est d’une grande séduction mais sans le moindre rappel des tenues d’avant-guerre.

Chanel's charming chemise dress_1916

Le vêtement est fendu en V, sans encolure et sans corsage. Il s’ouvre sur un gilet de coupe masculine qui, entre ses revers, laisse apparaître le cou nu (quelle audace, à l’époque !).

Pas de bouffants aux manches mais un fourreau gainant le bras, de l’épaule jusqu’au poignet, comme un bas.

Pas de corsage, ni d’encolure compliquée.

La taille est complètement gommée et a presque disparu… Elle est faite d’une écharpe à longs pans, glissant autour des hanches et aux couleurs de la robe.

Le chapeau à large bord est sobre et sans fioritures : pas de voiles, ni de pleureuses, ses grandes plumes d’autruche qui ornaient les chapeaux des dames depuis le début du siècle. En revanche, la bande de garniture était en zibeline (et non en ruban), détail précieux et discret rappel du manchon.
C’est la première que l’on voyait une femme porter de la fourrure comme cela !

Gabrielle Chanel du attendre quatre ans pour que la presse française s’intéresse vraiment à ses créations…

 

 

 

 

 

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Les Cévennes, berceau des Chanel

Temps de lecture : 2 minutes

Cevennes Coco Chanel Esprit de Gabrielle

 

Le berceau des Chanel est l’âpre pays cévenol, le pays du sabot et de la châtaigne : la haute vallée de la Cèze, aux confins du Gard et de l’Ardèche. On retrouve trace des arrières-arrières-grands-parents de Gabrielle,  Antoine Chanel & Anne Violette, dès 1648 dans le village de Mâlons, près de Genolhac dans le département du Gard. Son arrière-grand-père, Joseph Chanel, devient propriétaire et cabaretier à Ponteils-et-Brésis, hameau cévenol au cœur d’une forêt de châtaigniers, village d’où le grand-père de Gabrielle, partira travailler dans une magnanerie avant de gagner Nîmes.

Aujourd’hui communément appelé « Mas Chanel », cette propriété, jadis auberge, existe toujours.

Le père de Gabrielle, Albert Chanel est un camelot originaire du Gard et Jeanne Devolle, sa mère, une couturière originaire de Courpière (à 10 km de Thiers, dans le Puy-de-Dôme).

 

Ponteils-et-Brésis

Portes Cevennes origines Coco ChanelVéritable porte d’entrée des Hautes-Cévennes au pied du Mont Lozère, Ponteils-et-Brésis se situe en périphérie du Parc national des Cévennes. C’est hameau aux toits de lauze, comme il en existe de nombreux dans la région. Dans les hauts de la commune, font face, un peu comme sur un belvédère, le versant oriental du mont Lozère et Portes et son château, surnommé le Vaisseau des Cévennes en raison de sa proue en pierre spectaculaire et unique en Europe.

 

Les Cévennes

Contrairement à d’autres régions françaises, les Cévennes n’ont jamais connu un centre administratif et politique unique. Aujourd’hui encore, cette région reste partagée entre plusieurs départements, le Gard et la Lozère pour l’essentiel, mais aussi l’Ardèche et l’Hérault.

Pourtant, de l’implantation du protestantisme aux faits d’armes de la Résistance, du temps des Camisards à celui du royaume du châtaignier, en passant par la révolution industrielle où se développeront la culture de la soie et l’extraction du charbon, la place de cette terre de refuge est unique dans l’histoire de la France.

Les Causses et les Cévennes sont inscrites, depuis le 28 juin 2011, au Patrimoine mondial de l’Unesco au titre de paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen. Cette reconnaissance consacre la valeur d’un site exceptionnel dont les paysages ont été façonnés par la main de l’homme depuis des millénaires.

 

Cevennes

 

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Gabrielle Chanel (1883-1971) – Repères chronologiques

Temps de lecture : 6 minutes

Esprit de Gabrielle L'héritage de Coco Chanel jeronimodiparigi-dev-esprit-de-gabrielle.pf1.wpserveur.net

 

1883 . Gabrielle Chanel naît à l’hospice de Saumur (Maine-et-Loire) le 19 août

1884 . Mariage d’Albert Chanel et de Jeanne Devolle, les parents de Gabrielle

1895 . Décès de Jeanne Devolle à l’âge de 32 ans. Son père abandonne Gabrielle avec ses sœurs Julia-Berthe et Antoinette à l’orphelinat du couvent de l’abbaye d’Aubazine, près de Brive-la-Gaillarde. Gabrielle y reste six ans.

1901-1903 . Entre au pensionnat Notre-Dame à Moulins où elle retrouve sa tante Adrienne.

1903-1906 . Toujours à Moulins, elle est commise avec Adrienne dans une maison de confection pour dames. Rencontre Etienne Balsan au café-concert La Rotonde.

1906-1908 . Etienne Balsan invite Gabrielle dans sa propriété de Royallieu, près de Compiègne.

1908 . Rencontre Arthur Capel, dit Boy, son grand amour.

1909 . Ouvre un atelier de modiste à Paris, boulevard Malesherbes.

1910  Ouverture d’une boutique de chapeaux, Chanel Modes, au 21, rue Cambon. Ses canotiers font sensation.
Après le suicide de sa sœur Julia-Berthe, elle prend en charge son neveu, André Palasse, âgé de six ans et l’élève comme son fils.

1912 . Création des chapeaux pour la comédienne Gabrielle Dorziat. Lancement modeste de sa boutique.
Gabrielle s’installe avec Arthur Capel dans un appartement de l’avenue Gabriel.

1913 . Toujours en tant que modiste, ouvre une boutique à Deauville. Aux chapeaux s’ajoutent rapidement des marinières, des vestes et des blouses. La boutique est financée par un emprunt auprès d’Arthur Capel.
La même année, présenté au théâtre des Champs-Elysées, Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinski fait scandale.

1914 . Gabrielle invente la mode sport. Elle utilise dans un premier temps le tricot puis lance le jersey. Le tailleur en jersey créé la mode et assure à Gabrielle Chanel renommée et fortune.
La caricaturiste Sem réalise un portait de Gabrielle Chanel qui accroît encore sa notoriété.

1915 . Ouverture de la première maison de couture CHANEL, à Biarritz.

1916 . Premiers articles dans la presse américaine : son premier modèle est publié dans Harper’s Bazaar avec, pour légende, « the charming chemise dress« . Mademoiselle emploie alors 300 personnes et rembourse Boy Capel.

1917 . Lance la mode des cheveux courts. Rencontre Misia Sert qui la fait admettre dans le cercle des artistes d’avant-garde.

1918 . Agrandit sa boutique parisienne et s’installe au 31, rue Cambon.

1919 . Décès de Boy Capel dans la nuit du 22 décembre, dans un accident de voiture près de Cannes.

1920 . Anéantie, elle voyage à Venise avec Misia et José-Maria Sert et retrouve le goût de vivre et de créer.
Loue la villa Bel Respiro à Garches où elle accueille Igor Stravinski et sa famille qui sont de retour de Suisse.
Suicide de sa sœur cadette Antoinette : Gabrielle est la seule survivante du trio d’Aubazine.

1920-1921 . Liaison avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, qu’elle connaissait de longue date. Sa mode s’enrichit de broderies et de fourrures, de motifs traditionnels russes et de croix byzantines.

1921-1925 . Liaison avec le poète cubiste Pierre Reverdy.

1921 . Lancement du N°5 créé par Ernest Beaux à Grasse. Ce parfum fera la fortune de Gabrielle.
Quitte Bel Respiro à Garches pour l’hôtel particulier de Rohan-Montbazon au 29, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

1922 . Jean Cocteau sollicite Gabrielle Chanel pour créer les costumes d’Antigone. Elle pose pour le sculpteur Jacques Lipchitz.
Lancement du  N°22.

1923 . Rencontre Pierre et Paul Wertheimer, à Deauville. Ils s’associent pour l’exploitation des parfums.
S’occupe des funérailles de Raymond Radiguet, mort à vingt ans de la typhoïde.
C’est l’époque du Boeuf sur le toit, avec Max Jacob, Georges Auric et Jean Cocteau.
Rencontre et amitié avec Pablo Picasso.
Pose pour Marie Laurencin.

1924 . Création de la Société des parfums CHANEL avec les Wertheimer.
Création des costumes pour Antigone de Cocteau puis pour  Le Train bleu, créé par les Ballets russes.
Création d’un atelier de bijoux fantaisie, confié à Etienne de Beaumont.

1925 .  André Palasse se marie. Gabrielle Chanel lui offre le château de Corbères, dans les Pyrénées.
Lance le parfum Gardénia.

1925-1930 . Liaison avec le duc de Westminster. voyages à Londres et en Ecosse.
Sa mode s’inspire de l’élégance et de la décontraction à l’anglaise, s’enrichit de tweeds moelleux, de cardigans en cachemire et de chandails chics, de boutons dorés et de bérets.

1926 . Lancement de la « petite robe noire », saluée par Vogue comme le nouvel uniforme de la femme moderne.
Pierre Reverdy se retire à Solesmes.
Lance le parfum Bois des îles.

1927 . Lance le parfum Cuir de Russie.

1928 . Fait construire la villa La Pausa, sur les hauteurs de Roquebrune. Mademoiselle Chanel aménage la salon des glaces de la rue Cambon et y installe son appartement au style unique.

1929 . Création d’un boutique d’accessoires à l’intérieur de la maison de couture.
Mort de Serge de Diaghilev à Venise. Gabrielle s’occupe des obsèques au cimetière San Michele.

1930 . Pose pour le peintre Christian Bérard. Participe à la scène dite de la loge dans le long-métrage Le sang du poète de Jean Cocteau.

1931 . Signe un contrat de un million de dollars par an avec Samuel Goldwyn pour la création de costumes pour le cinéma hollywoodien. Mademoiselle Chanel est sous contrat avec United Artists. Elle crée les robes portées par Gloria Swanson dans le film Ce soir ou jamais, sa première collaboration.
CHANEL emploie 2 400 personnes dans ses ateliers.
Liaison avec l’illustrateur et décorateur d’origine basque, Paul Iribe.

1932 .  Création de la collection Bijoux de Diamants. Le 7 novembre, ouverture de l’exposition réalisée avec le comte Etienne de Beaumont et le duc Fulco Di Verdura.

1934 . Mademoiselle Chanel développe la création de bijoux fantaisie : elle créé un atelier spécialisé avec l’aide du comte Etienne de Beaumont et du duc Fulco di Verdura. Les bijoux CHANEL mélangent des gemmes de couleur et les longs sautoirs en métal doré.

1935 . Gabrielle Chanel est à l’apogée de sa renommée. Elle emploie près de 4 000 ouvrières et vend près de 28 000 modèles par an à travers le monde.
Paul Iribe meurt d’une crise cardiaque sous ses yeux à La Pausa en jouant au tennis.
Devenue insomniaque, elle doit prendre une dose de Sédol chaque soir pour pouvoir dormir.

1936 . Quitte le Faubourg Saint-Honoré et s’installe au Ritz, dans un suite donnant sur la place Vendôme, qu’elle occupera jusqu’à la guerre. Une porte du Ritz s’ouvre rue Cambon, quasiment en face du 31.
Face aux grèves du Front Populaire, Gabrielle affronte une timide occupation de la rue Cambon. Elle doit céder.
Fermeture de la maison de vacances pour ouvrières à Mimizan dans les Landes.

1937 . Participe à l’Exposition universelle de Paris avec Christian Bérard.
Création des costumes pour La Marseillaise de Jean Renoir.

1938 . Eté à La Pausa, en compagnie de Salvador Dali et Gala, Maria de Grammont, Pierre Reverdy et Gabrielle Palasse.

1939 . Création des costumes pour La Règle du jeu de Jean Renoir.
Fermeture de la maison de couture CHANEL dès la déclaration de guerre le 3 septembre.
Seule la boutique de parfums et d’accessoires reste ouverte au 31, rue Cambon.
Liaison avec le baron Hans Günther von Dincklage.

1940 . Quitte sa suite du Ritz pour une chambre, plus modeste, sous les combles, donnant sur la rue Cambon.
Tente de faire libérer André Palasse, son « fils ».
Cassandre exécute le portrait de Gabrielle Chanel en pied.

1944 . Voyage à Berlin pour des tentatives de négociations de paix séparée. Départ pour la Suisse.

1945 . Crée pour ses amies,  trois parfums en Suisse, sous le nom de Mademoiselle Chanel : N°1, N°2 et N°31.

1946 . Voyage à New York pendant quatre mois avec Gabrielle Palasse.

1947 . Nouveau contrat avec les Wertheimer : elle obtient 2 % sur tous les parfums CHANEL vendus dans le monde, plus la prise en charge de son train de vie.

1950 . Décès de Misia Sert.

1953 . Réouverture de la maison de couture après quatorze ans d’absence. Pierre Wertheimer la soutient inconditionnellement.
Décès du duc de Westminster.
Gabrielle Chanel se sépare de La Pausa.

1954 . Gabrielle Chanel dévoile sa nouvelle collection le 5 février 1954. Elle a soixante et onze ans. Le défilé commence par un tailleur en jersey, le N°5. Elle est éreintée par la presse française mais fait la couverture de Vogue et de Elle.
Décès d’Etienne Balsan.

1955 . Naissance du sac matelassé avec une bandoulière en chaîne, emblème de la Maison CHANEL. Elle le nomme 2.55. Lancement de la première eau de toilette masculine de CHANEL, Pour Monsieur.
Stanley Neiman Marcus, propriétaire des grands magasins de Dallas, remet à Mademoiselle Chanel l’oscar de la Mode qui honore « la créatrice la plus influente du XXe siècle ».

1956 . Naissance du célèbre tailleur CHANEL.
Crée les costumes pour la pièce de théâtre Thé et Sympathie avec Ingrid Bergman.
Décès de sa tante Adrienne.

1957 . Reçoit, à Dallas, le « Neiman Marcus Award » qui la consacre créatrice la plus influente du siècle.

1958 . Crée les costumes du film Les Amants de Louis Malle, avec Jeanne Moreau.

1959 . Le flacon du N°5 fait son au musée d’Art moderne (MoMA) de New York, une consécration !
Crée les costumes pour le film Les Liaisons dangereuses de Roger Vadim, avec Gérard Philippe et Jeanne Moreau.

1960 . Décès de Pierre Reverdy qui vivait retiré près de l’abbaye de Solesmes.

1961 . Crée les costumes de Delphine Seyrig pour le film L’année dernière à Marienbad d’Alain Resnais.

1962 . Crée les costumes de Romy Schneider pour le film à épisodes Boccace 70 de Luchino Visconti.

1965 . Décès de Pierre Wertheimer.
Gabrielle rédige son testament et crée la fondation COGA (pour Coco-Gabrielle), destiné à verser des pensions à certaines personnes après sa mort.

1967  Range et déchire plus qu’à l’accoutumée, remet ses documents les plus précieux à Gabrielle Palasse-Labrunie et lui fait livrer les meubles de Boy Capel.

1970  La comédie musicale Coco est créée à Broadway avec Katherine Hepburn. Les costumes sont de Cecil Beaton.
Lancement du parfum N°19.

1971  Meurt à Paris le dimanche 10 janvier dans sa chambre du Ritz.
Elle est enterrée au cimetière Le Bois de Vaux à Lausanne. Gabrielle avait choisi elle-même le cimetière, imagine sa tombe et demandé au marin de sa nièce Gabrielle Palasse-Labrunie de la dessine et d’y sculpter cinq lions.

 

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« Mademoiselle Privé », exposition dédiée à Chanel à Londres

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La prestigieuse Saatchi Gallery londonienne consacre du 13 octobre au 1er novembre prochains, une rétrospective dédié à la Maison Chanel et baptisée Mademoiselle Privé.

 

Chanel Mademoiselle Privé L'Esprit de Gabrielle

 

L’exposition Mademoiselle Privé s’inspire de la personnalité charismatique et de l’esprit irrévérencieux de Mademoiselle Chanel et de Karl Lagerfeld, à la tête de la création Chanel depuis plus de trente ans.

Installé sur les trois étages de la Saatchi Gallery, ce véritable « voyage enchanté » à la découverte de l’histoire de la Maison Chanel est une aventure aux multiples facettes qui évoque les éléments fondamentaux indissociables de la Maison : l’audace, la liberté et l’innovation à travers l’histoire de Gabrielle Chanel ou les réinterprétations inattendues des codes, des symboles et des icônes de Chanel par Karl Lagerfeld.

Mademoiselle Privé couvre l’intégralité de la relation étroite entretenue par la griffe avec la Haute Couture et revient sur l’histoire du légendaire parfum Chanel N°5. Côté joaillerie, l’exposition met en lumière les rééditions de la collection « Bijoux de Diamants », dessinée par Coco Chanel en 1932 et utilisée par Karl Lagerfeld pour son dernier défilé Haute Couture.

 

Exposition Mademoiselle Privé

Saatchi Gallery
Duke of York’s HQ
King’s Road – London SW3 4RY

www.mademoiselleprive.chanel.com

 

Crédit photos : © Chanel