CHANEL PRÊT-À-PORTER AUTOMNE-HIVER 2026-2027 :
AU GRAND PALAIS, UNE ALLURE EN PLEINE MÉTAMORPHOSE
Sous la nef du Grand Palais, le défilé CHANEL prêt-à-porter automne-hiver 2026-2027 a installé un climat plus encore qu’un décor. Des grues colorées, un sol opalescent, des lumières comme suspendues, et cette impression singulière d’assister à une maison en train de reprendre ses lignes. Matthieu Blazy y fait avancer une idée simple : le vestiaire CHANEL part du jour, de la structure, du réel, avant de glisser vers la nuit, vers l’éclat, vers ce qui flotte et accroche la lumière.
SOUS LA NEF, UN CHANTIER TRÈS CHANEL
Dès les premières secondes, le décor posait une ambiance plus subtile qu’il n’y paraissait. Les grues n’étaient pas là pour faire image. Elles servaient une idée. Celle d’une Maison qui ne rase rien, mais qui reprend, ajuste, déplace, reconstruit. Le Grand Palais redevenait un espace de travail, mais un espace de travail rêvé, presque poétique, avec ce sol violet irisé qui empêchait toute sécheresse.
C’est cela qui frappait d’abord. Le décor parlait de construction, mais gardait de la couleur, de la fantaisie, de la lumière. Il disait qu’une ligne peut changer sans que l’esprit disparaisse. Chez CHANEL, tout est là. Reprendre sans effacer. Transformer sans renier.
UNE IDÉE DE GABRIELLE CHANEL
Le fil du défilé tenait dans une phrase de Gabrielle Chanel. Cette idée de robes qui rampent et de robes qui volent. Le jour, la chenille. La nuit, le papillon. Dit ainsi, le thème aurait pu paraître trop joli. En réalité, il donnait à la collection son rythme.
Le début avançait avec retenue. Des noirs, des crèmes, des mailles nettes, des tweeds qui tenaient la silhouette. Puis, peu à peu, quelque chose changeait. Les matières se mettaient à réfléchir la lumière autrement. Les lignes s’allégeaient. La collection passait du construit vers le flottant. Pas de rupture. Un glissement. Et c’est précisément pour cela que cela tenait.
LE TAILLEUR CHANGE DE LIGNE
Le tailleur est toujours là. Il reste au centre. Mais il n’entre plus tout à fait de la même manière. Il ne cherche pas à imposer une rigidité. Il allonge, il assouplit, il décale.
Tout se joue dans les proportions. Les tailles descendent. Le buste paraît plus long. La silhouette glisse vers quelque chose de plus fluide, parfois presque garçonne. On pense aux années 1920, bien sûr, mais sans impression de pastiche. Ce n’est pas la nostalgie qui domine. C’est une autre façon de faire marcher le vêtement.
Le plus intéressant est là. Le tailleur n’est ni cassé ni sanctuarisé : il change de cadence, garde sa tenue, mais perd un peu de sa raideur. redevient ce qu’il doit être chez CHANEL : un instrument d’allure.
LE TWEED PREND LA LUMIÈRE
Le tweed, lui aussi, passait à une autre température. Il restait immédiatement identifiable, mais il se mettait à vibrer autrement. Certains passages semblaient presque nacrés. D’autres étaient traversés d’éclats métalliques, de lurex, de transparences légères, comme si le tweed cessait d’être seulement une matière de structure pour devenir aussi une matière de lumière.
C’était l’une des vraies réussites du défilé. Le tweed ne servait pas ici de rappel patrimonial. Il reprenait du risque. Par moments, il semblait presque déplacé sur une surface plus instable, plus irisée. À d’autres, il restait ferme, mais avec un éclat nouveau. Rien n’était renié. Rien n’était fétichisé. Le tweed avançait avec la collection.
LE JOUR PREND FORME
L’un des mérites du défilé est d’avoir donné une vraie place au jour. Pas un jour d’attente avant le soir. Un vrai vestiaire de journée, avec ses vestes zippées, ses mailles coordonnées, ses jupes droites, ses sacs de ville, ses souliers fermes.
On sentait tout de suite si ces pièces tenaient dans la vie réelle. Ici, oui. Le sac n’était pas seulement un objet de podium. Il avait une fonction. La chaussure découpait la ligne. La jupe accompagnait la marche au lieu de la gêner. C’est là que le défilé retrouvait quelque chose de très profond chez Gabrielle Chanel : l’élégance commence dans l’usage, dans la mobilité, dans cette manière de faire exister une silhouette sans l’enfermer.
LA NUIT COMMENCE À VOLER
Puis la nuit arrivait. Pas comme un coup de théâtre. Plutôt comme une montée. Un reflet dans un tweed. Une matière plus légère. Une broche plumeuse. Une robe qui, soudain, ne se contente plus de tenir la silhouette, mais commence à l’animer.
C’est là que la collection prenait une allure plus libre. Les broderies, les paillettes, les plumes, les reflets irisés, les surfaces presque métalliques faisaient monter une autre énergie. Mais sans jamais rompre le fil avec le début du défilé. La nuit n’effaçait pas le jour. Elle le prolongeait. Le mot papillon n’avait donc rien d’artificiel. Il décrivait assez exactement ce que l’on voyait.
LES 12 SILHOUETTES QUI RESTENT EN TÊTE
La première est celle de l’ouverture. Une silhouette noire, nette, presque austère, avec juste ce qu’il faut de boutons dorés pour poser d’emblée une base CHANEL. Rien de spectaculaire. Et c’est précisément pour cela qu’elle reste. Elle disait que la collection allait commencer par l’ossature. Par la tenue. Par ce qui construit une allure avant de chercher à séduire.
La deuxième, dans le même esprit, tient à cette veste zippée portée avec une jupe coordonnée en maille. Une silhouette presque modeste en apparence, mais très juste dans son effet. Elle donnait immédiatement une idée du vestiaire réel que cherchait le défilé. Une femme qui sort, qui bouge, qui n’a pas besoin d’être en représentation pour être impeccablement CHANEL.
La troisième est l’une des plus décisives, parce qu’elle faisait basculer la ligne. Une taille franchement abaissée, une jupe qui part plus bas qu’attendu, un buste qui s’allonge d’un coup. On n’était plus dans la silhouette familière. Quelque chose glissait. La marche changeait. Et avec elle tout l’équilibre du défilé.
La quatrième prolongeait ce geste avec une robe droite, presque dans l’esprit de La Garçonne. Une ligne simple, mais déplacée d’un cran. Le vêtement semblait moins dessiner le corps que lui donner une autre cadence. C’était une silhouette calme, mais troublante. C’est souvent ce type de passage, sans effet appuyé, qui revient le plus nettement en mémoire.
La cinquième était un tailleur retravaillé par la couleur ou par la surface, un tweed plus vif, moins compact, plus mobile. On y retrouvait l’ADN de la maison, bien sûr, mais réveillé, comme si le tailleur reprenait l’air après avoir longtemps été trop bien tenu. Cette silhouette disait très bien comment la collection traitait ses classiques : avec respect, mais sans immobilité.
La sixième est celle dont on se souvient pour la matière avant même de se souvenir de la coupe. Un tweed reformulé, presque déplacé sur une surface plus technique, plus métallique, plus translucide. C’était l’un des moments les plus forts du défilé, parce qu’il disait très clairement que l’innovation de matière pouvait servir la mémoire de CHANEL au lieu de la contrarier.
La septième reste en tête pour son efficacité très concrète. Un grand sac de ville porté haut, un soulier fermé au détail contrasté, une silhouette de jour pensée pour circuler. Rien de flamboyant, et pourtant un vrai moment de désir. C’est souvent un très bon signe quand une collection retient autant une chaussure ou un sac de journée qu’une robe du soir.
La huitième est celle où le défilé commence à luire. Une jupe ou une robe traversée de lurex, avec juste assez d’éclat pour faire basculer la silhouette vers le soir sans la sortir du réel. C’était un moment de transition très réussi. Pas encore la nuit franche. Déjà autre chose.
La neuvième jouait davantage le panache. Une robe ou un manteau avec des broches plumeuses, des fleurs en relief, des rubans, une surface qui bougeait avant même que la mannequin n’ait fini son passage. C’était une silhouette plus expansive, plus bavarde, mais exactement placée là où il fallait. Elle apportait ce grain d’excès que CHANEL doit aussi savoir offrir.
La dixième était une silhouette du soir plus spectaculaire, presque en apesanteur par moments. Paillettes, broderies, transparences, détails en mouvement. Ce n’était pas seulement joli. C’était une manière de faire flotter le vêtement, de le faire passer de la structure à l’apparition. Là, le défilé touchait vraiment son idée de métamorphose.
La onzième, pour moi, est l’une des plus fortes. Une grande robe noire en jersey, fluide, presque silencieuse après tous les éclats. Elle remettait tout en place. Elle rappelait qu’après les expérimentations, les reflets, les plumes et les tailles abaissées, CHANEL retrouve toujours sa vérité dans une robe noire qui n’a pas besoin d’ornement pour exister.
La douzième, enfin, n’est pas une seule silhouette. C’est une image d’ensemble. Celle d’un groupe de femmes traversant le Grand Palais comme un chantier en fête, avec des tweeds lumineux, des tailles abaissées, des sacs de ville très sérieux et des robes qui finissent par voler. C’est cette image collective qui reste. Une collection qui part du construit et qui finit en vibration.
L’ESPRIT DE LA COLLECTION
Ce défilé donne le sentiment d’une Maison qui reprend ses lignes sans chercher à les brutaliser. Rien n’est renié. Rien n’est sanctuarisé non plus. Tout semble repris, déplacé, remis en circulation avec plus de souplesse.
C’est ce qui rend la collection intéressante. Elle ne joue ni la révérence patrimoniale, ni la rupture tapageuse. Elle avance entre les deux, garde le tailleur, le tweed, la robe noire, la chaussure bicolore, mais elle leur fait changer d’air. On retrouve là quelque chose de profondément lié à Gabrielle Chanel. Le vêtement ne doit pas figer une femme. Il doit l’accompagner. Il doit tenir une allure tout en laissant vivre le corps.
Le prêt-à-porter automne-hiver 2026-2027 de CHANEL ne restera pas seulement pour son décor de grues colorées ou son sol opalescent. Il restera parce qu’il a su installer une progression, reprendre les codes de la maison sans les figer, et faire passer la silhouette du construit vers l’éclat sans jamais la perdre. Chez CHANEL, c’est souvent là que les collections tiennent vraiment. Dans cette manière de bouger sans se renier.
Mention obligatoire : © espritdegabrielle.com
Crédits photos et vidéo : © CHANEL
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