Le nom de ce parfum réunit deux nombres. Le 19 marque le jour de naissance de Gabrielle Chanel. Quant au 57, il désigne la 57th Street de Manhattan, où se dresse la plus grande boutique CHANEL des États-Unis. Ce parfum s’inscrit sur la carte autant que dans l’histoire : son nom trace des coordonnées.
UNE ANNÉE QUI CHANGE TOUT
En 1954, le retour de Gabrielle Chanel à la couture divise Paris. La presse française accueille la collection avec froideur, jugeant sa créatrice trop longtemps absente, éloignée de ce que la mode d’après-guerre voulait être.
L’Amérique ne boude pas. Les femmes américaines saisissent immédiatement la proposition : « des vêtements dans lesquels on vit, pas des sculptures dans lesquelles on pose ». Le confort s’y élève au rang de style, la liberté y tient lieu d’ornement.
Ce décalage entre les deux rives dessine déjà le territoire du parfum à venir. Gabrielle Chanel n’oubliera ni la réticence de l’une ni la fidélité de l’autre.
LE COURONNEMENT DE DALLAS
En janvier 1957, la cérémonie du Neiman Marcus Award à Dallas la consacre créatrice de mode la plus influente du XXe siècle. Ce couronnement transatlantique scelle pour toujours le lien entre la Maison et les États-Unis.
L’année devient date, la date deviendra parfum.
DEUX CHIFFRES, UNE GÉOGRAPHIE
Le nom du parfum porte en lui toute la géographie de cette histoire. Jour de naissance d’un côté, adresse new-yorkaise de l’autre : le 19 appartient à l’intime, le 57 au cœur de Manhattan, où la boutique de la 57th Street demeure la plus grande du pays.
Une formule de la Maison les réunit : deux nombres qui encodent « toute une vie, toute une relation, tout un style ».
Après N°5 et N°22, la Maison confirme ici sa grammaire la plus singulière : dire l’intime par le nombre.
LA CONFIDENCE D’OLIVIER POLGE
En février 2019, Olivier Polge, Parfumeur Créateur de la Maison, signe 1957 au sein de la collection LES EXCLUSIFS DE CHANEL. Il choisit d’y traduire le dialogue jamais interrompu entre Paris et New York, entre la couture et l’avant-garde. Sa vision reste, selon la formule de la Maison, « moins un hommage qu’une confidence ».
UN PARFUM DE PEAU
« 1957 est un parfum de peau. » L’essentiel tient dans ces quelques mots : ce parfum ne se découvre pas, il s’apprivoise. Il renonce à toute déclaration d’ouverture et s’installe par degrés, porté par une présence qui grandit à mesure que la peau le réchauffe.
Tout part d’un choix de matière assumé dès la création : « J’ai choisi cette fois de travailler le musc. Plus exactement les muscs blancs », expliquait Olivier Polge au lancement. Sous leur apparente simplicité, ces muscs déploient une complexité insoupçonnée. Superposés, ils enveloppent la peau d’une douceur presque cotonneuse, différente sur chacune.
La fragrance appartient à la famille des ambrés musqués floraux. Autour de l’accord gravitent la bergamote, des accents cédrés, une touche de miel et un fini poudré.
Des touches de fleur d’oranger et d’Iris pallida enrichissent la composition d’une délicatesse florale qui souligne sans écraser. Cet iris pousse dans les champs de CHANEL à Grasse. Ses rhizomes attendent trois ans sous terre avant la récolte, puis sèchent trois années encore avant transformation. Six années s’écoulent ainsi pour obtenir quelques grammes d’une matière précieuse entre toutes.
Le néroli signe l’éclat : une fraîcheur un peu amère, héritée des grandes maisons françaises du siècle passé et replacée dans un registre résolument contemporain.
En fond, le santal de Maré et le vétiver donnent à l’Extrait 1957 son assise terrienne, sa tenue et son sillage.
Le parfumeur y voyait aussi un dialogue avec l’Amérique olfactive, celle que N°5 avait contribué à façonner : « une odeur de sent-bon, un mot qui me parle particulièrement car cher à Gabrielle Chanel ».
POUR LA PREMIÈRE FOIS EN EXTRAIT
La nouveauté de 2026 tient en une phrase : 1957 rejoint pour la première fois la collection des Extraits, sa forme la plus concentrée.
L’Extrait ne se contente pas d’intensifier l’Eau de Parfum. La Maison le précise : les deux formes constituent des interprétations olfactives propres, qui partagent une signature commune en mettant chacune en avant ses propres facettes, matières premières ou accords. L’Extrait 1957 met ainsi en lumière ses matières les plus rares, le santal de Maré comme l’iris de Grasse.
Sa présentation obéit au cérémonial complet des Extraits. Un écrin facetté, signé des codes de la Maison, protège le flacon à l’étiquette blanche, coiffé d’un bouchon aux facettes de diamant.
Le flacon s’ouvre grâce à un élégant coupe-fil. Ce geste est le premier acte du rituel : le fil sectionné rompt un sceau et donne accès à un univers protégé.
Ce sceau porte un nom, le baudruchage. Une membrane de baudruche coiffe le col du flacon, arrimée de coton perlé noir. Un cachet de cire noire frappé du double C clôt l’ensemble. Ces gestes hérités du XIXe siècle, décrits en détail dans le premier article de cette série, survivent entre les mains de quelques expertes.
Un parfum né du lien entre deux villes se porte désormais goutte à goutte, aux points de pulsation, là où la chaleur du corps le rend indissociable de celle qui le porte. La confidence devient littérale.
L’Extrait 1957 est proposé à 380 € le flacon de 30 ml. L’Eau de Parfum 1957, au sein de LES EXCLUSIFS DE CHANEL, est proposée à 260 € les 75 ml et à 460 € les 200 ml.
Mention obligatoire : © espritdegabrielle.com
Crédits photos : © CHANEL
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