CHANEL distribue depuis la fin du mois de juin un magazine papier dans ses boutiques Parfums Beauté. Il s’appelle COCO MAGAZINE.
La Maison présente ce premier numéro comme « un terrain de jeu joyeux et irrévérencieux » célébrant « le pouvoir transformatif du maquillage ». Derrière ces formules se dessine un projet d’une autre portée. Ce projet renoue avec ce que fut Gabrielle Chanel elle-même : un point de rencontre entre les talents de son temps.
L’ESPRIT DES SALONS DE GABRIELLE CHANEL
Gabrielle Chanel a côtoyé les grandes figures du Paris artistique du XXe siècle. Cocteau, Picasso, Stravinsky, Reverdy fréquentaient ses salons. La créatrice réunissait des mondes qui s’ignoraient.
Thomas du Pré de Saint Maur dirige les ressources créatives mondiales de CHANEL Parfums Beauté. Il a conçu COCO MAGAZINE dans cette filiation exacte : « Si l’on regarde Gabrielle Chanel, au-delà de la grande créatrice, elle fut aussi un catalyseur. Elle réunissait des talents issus des différents champs dans lesquels elle travaillait. »
Le magazine prolonge cette tradition. Écrivains, historiens, photographes et make-up artists se retrouvent autour d’un même objet. Le sujet qui les rassemble tient dans un tube de rouge à lèvres.
HUIT COUVERTURES, LA COULEUR POUR FIL ROUGE
Le premier numéro porte un sous-titre en forme de programme : THE MAKE-UP ISSUE. Huit couvertures originales habillent ce lancement. Chacune ouvre une porte différente vers une certaine idée de la beauté selon CHANEL, « libre, plurielle, et constamment réinventée ».
Le numéro existe en cinq langues : français, anglais, chinois, coréen et japonais. Une version en ligne complète la diffusion en boutique, sur un site dédié.
La couleur irrigue l’ensemble. Elle sert de terrain d’expérimentation à chaque rubrique, du texte à l’image.
DES ÉCRIVAINS AUTOUR D’UN TUBE DE ROUGE
Le sommaire réunit des signatures que l’on n’attendait pas dans un magazine de maquillage. La romancière Marie NDiaye livre un essai sur la beauté et l’identité. L’historienne Kassia St. Clair, spécialiste reconnue des couleurs, retrace l’évolution de notre perception des teintes. La journaliste Funmi Fetto décrypte les dénominations des rouges CHANEL.
Sarah Brown consacre un long format au gloss et à son histoire. Une conversation avec Lily-Rose Depp, Ambassadrice de la Maison, complète l’ensemble, aux côtés d’un quiz orchestré par Derek Blasberg.
Côté image, une dizaine de photographes capturent les looks de plusieurs make-up artists. Parmi eux figure Valentina Li, membre du Comètes Collective, ce cercle de maquilleurs que la Maison a réuni autour de son Studio de Création. Les univers visuels se répondent sans se confondre, du surréalisme ludique de Julien Martinez Leclerc aux images presque abstraites de Drew Vickers.
LE PARI DE L’IMPRIMÉ
Un magazine papier offert, en 2026, prend le contre-pied du marché. La Maison l’assume pleinement. Thomas du Pré de Saint Maur en fait un point de fierté : « Pour la première fois dans la beauté, le contenu de ce magazine lui appartient en propre. Aucune campagne ne s’y glisse. Tout a été créé pour lui, rien ne sera réutilisé ailleurs. »
Cette exclusivité totale distingue COCO MAGAZINE des publications de marque habituelles, où les visuels de campagne recyclés remplacent le contenu.
L’attachement au papier vient chez lui d’une conviction intime de lecteur. Il défend l’image imprimée contre l’écran : « J’aime que les images ne soient pas rétroéclairées dans les livres et les magazines. » Et il ajoute, à propos des réseaux sociaux : « La lumière est allumée, mais il n’y a personne. »
COCO MAGAZINE s’est construit avec Chaos, la marque-média britannique fondée par Charlotte Stockdale et Katie Lyall, toutes deux rédactrices en chef du numéro. Ce choix anglais s’ancre dans la biographie de la fondatrice. Gabrielle Chanel entretenait avec l’Angleterre une relation profonde, nourrie par ses années auprès de Boy Capel puis du duc de Westminster. Thomas du Pré de Saint Maur y voit une clé du projet : « Il existe une dimension anglaise de CHANEL que je trouve très intéressante. »
Ce lancement s’inscrit dans une stratégie éditoriale plus large. La Maison avait lancé en juillet 2025 un magazine dédié à l’art et à la culture. COCO MAGAZINE en est le pendant beauté. CHANEL construit patiemment son propre territoire de publication, à l’écart du flux des réseaux.
OÙ LE TROUVER
Le magazine attend les visiteurs des boutiques CHANEL Parfums Beauté, dans la limite des stocks disponibles. La version en ligne reste accessible à tous. Des activations éphémères ont accompagné le lancement en juin à Londres et à New York. Un kiosque devant Selfridges présentait le numéro aux côtés de la nouvelle collection ROUGE COCO HYDRA GLOSS.
La Maison n’a pas précisé la périodicité du titre. Le premier numéro, lui, se découvre dès maintenant en boutique.
Mention obligatoire : © espritdegabrielle.com
Crédits photos : © CHANEL
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