Il y a des campagnes qui cherchent à impressionner d’emblée, à imposer une image, à fixer une signature. Et puis il y a celles qui avancent autrement, avec plus de calme, plus de tenue, et une forme de certitude silencieuse. La campagne de la collection printemps-été 2026 de CHANEL appartient à cette seconde famille.
Pour sa première campagne au sein de la Maison, Matthieu Blazy a choisi La Pausa, la villa de Gabrielle Chanel à Roquebrune-Cap-Martin, et l’œil d’Alec Soth pour installer un climat bien plus qu’un manifeste. Le geste est net. Il ne s’agit ni de faire défiler un patrimoine trop visible, ni de se réfugier dans une révérence décorative. Il s’agit de replacer CHANEL dans un espace qui respire, dans une lumière qui circule, dans une histoire qui reste vivante parce qu’elle n’est jamais traitée comme une relique.
LA PAUSA, UN CHOIX QUI DONNE LE TON DE LA CAMPAGNE
Ce choix de La Pausa n’a rien d’un simple effet de prestige. La maison est connue, bien sûr. Elle occupe une place singulière dans l’histoire de Gabrielle Chanel, puisqu’elle fut la seule demeure pensée par elle de manière aussi personnelle. Mais la campagne n’en fait pas un monument. Elle en retient autre chose, et c’est là qu’elle touche juste. La Pausa n’est pas regardée comme un décor patrimonial. Elle apparaît comme un lieu d’élan, de silence, de lumière, un lieu où l’on sent à la fois la mémoire et la circulation du présent. C’est sans doute ce déplacement qui donne à cette première campagne sa tonalité particulière. Elle ne s’alourdit jamais de ce qu’elle convoque. Elle s’en allège.
À La Pausa, il y a quelque chose de solaire, de libre, de presque estival, même lorsque la maison n’est pas montrée de façon descriptive. C’est cela qui compte. Pas l’inventaire du lieu, pas le rappel trop appuyé de son histoire. Ce que Matthieu Blazy semble aller chercher ici, c’est une qualité d’atmosphère. Une manière d’ouvrir CHANEL à un air plus vaste, plus souple, plus vivant. La Pausa n’est alors plus seulement un point dans la biographie de Gabrielle Chanel. Elle devient le lieu juste pour installer une première vision de la Maison qui ne passe ni par la solennité, ni par l’effet de rupture.
UNE CAMPAGNE CHANEL PORTÉE PAR LA LUMIÈRE ET L’ESPACE
Cette respiration se retrouve dans les images elles-mêmes. On y sent moins la volonté de composer une icône fermée que celle de laisser advenir une allure. La lumière ne durcit pas les silhouettes. Elle les accompagne. Les corps ne sont pas figés dans une autorité de façade. Ils occupent l’espace avec aisance. Les vêtements n’apparaissent pas comme des pièces détachées de toute vie réelle, mais comme des formes pensées pour habiter un lieu, pour bouger avec lui, pour dialoguer avec l’air, avec les murs clairs, avec les ouvertures, avec les oliviers. La Pausa ne sert donc pas à encadrer la mode. Elle lui donne une qualité d’espace.
C’est ici que le choix d’Alec Soth prend tout son sens. Il y a dans son regard quelque chose qui résiste à la tentation publicitaire la plus lisse. La campagne n’a rien d’une suite d’images glacées, trop parfaites pour être pleinement désirables. Elle garde au contraire un peu de relâchement, un peu de vrai, un peu d’imprévu. Cela n’enlève rien à la sophistication de l’ensemble. Cela lui donne une profondeur plus rare. CHANEL n’y perd pas en autorité. La Maison y gagne une souplesse, une qualité de présence, une manière de tenir sans se raidir.
CE QUE LA CAMPAGNE RÉVÈLE DE LA COLLECTION PRINTEMPS-ÉTÉ 2026 DE CHANEL
Cette première campagne dit aussi beaucoup de la collection printemps-été 2026 elle-même. Dès le défilé, quelque chose apparaissait clairement. Matthieu Blazy ne venait pas secouer CHANEL de l’extérieur. Il venait reprendre ses fondations pour les remettre en mouvement. Le féminin-masculin, la ligne nette, la liberté du corps, l’autorité sans dureté, le goût des contrastes, tout cela était bien là, mais dans une tension nouvelle, plus mobile, plus ouverte, moins soumise à l’idée de silhouette emblématique qu’à celle d’une garde-robe réellement habitée.
Les looks de la collection le montrent bien. Les vestes courtes gardent leur précision, mais elles n’enferment pas. Les jupes allongent la ligne sans la figer. Les mailles introduisent une souplesse immédiate. Les noirs, les blancs, les rouges, les beiges composent un vocabulaire très CHANEL, mais sans nostalgie pesante. Quant aux souliers bicolores, ils restent une présence évidente, non comme un clin d’œil obligé, mais comme la prolongation naturelle d’une allure qui connaît déjà sa direction. Ce qui intéresse ici Matthieu Blazy n’est pas la citation. C’est la continuité du geste.
COMMENT LA PAUSA ÉCLAIRE LA VISION DE MATTHIEU BLAZY
La campagne reprend exactement ce principe. Elle ne cherche pas à résumer toute la collection, encore moins à la commenter lourdement. Elle en retient la logique intime. Celle d’un vestiaire qui avance avec calme. Celle d’une élégance qui ne se pense pas comme un bloc. Celle d’une féminité qui accepte plusieurs états à la fois, la rigueur et la douceur, la netteté et le relâchement, l’autorité et la lumière. En cela, La Pausa n’est pas seulement un beau lieu. Elle devient l’écrin juste d’une collection qui ne voulait pas être enfermée dans une première démonstration trop appuyée.
On comprend aussi, à travers certaines images, que Matthieu Blazy ne travaille pas contre l’archive, mais qu’il refuse de la sanctuariser. Il ne cite pas le passé pour le figer. Il y retourne pour y retrouver une énergie disponible, un rapport au lieu, au groupe, à la légèreté, à une certaine simplicité du luxe. Cette manière de relancer l’héritage sans le durcir constitue sans doute l’un des gestes les plus intelligents de cette première campagne.
UNE PREMIÈRE CAMPAGNE CHANEL PLUS VIVANTE ET PLUS HABITABLE
Ce qui frappe au fond, c’est la manière dont CHANEL redevient ici habitable. Le mot est plus juste que beaucoup d’autres. Il ne s’agit évidemment pas de banaliser la Maison, ni d’en atténuer l’exception. Mais cette campagne redonne au vêtement une proximité avec l’existence, avec les gestes, avec les heures du jour, avec l’idée même de vivre dans ses vêtements plutôt que de simplement les porter comme des signes. C’est peut-être la forme la plus profonde de fidélité à Gabrielle Chanel. Non pas répéter ses codes jusqu’à leur durcissement, mais retrouver ce qui les avait rendus neufs, désirables et décisifs : une intelligence du confort, du mouvement, de la coupe, de la liberté.
À La Pausa, cette intuition trouve un point d’appui particulièrement juste. Parce que la villa ne renvoie pas seulement à une histoire. Elle renvoie à une manière d’habiter cette histoire. Elle n’est pas le théâtre d’une nostalgie chic. Elle est le lieu d’une continuité sensible. Et c’est sans doute pour cela que cette première campagne de Matthieu Blazy sonne juste. Elle n’annonce pas un bouleversement bruyant. Elle ne cherche pas à faire table rase. Elle ouvre plus subtilement un nouvel air chez CHANEL. Un air plus vaste. Plus mobile. Plus vivant.
Mention obligatoire : © espritdegabrielle.com
Crédits photos et vidéo : © CHANEL
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