Les lumières rouges palpitent au-dessus du salon d’honneur du Grand Palais. La première silhouette entre, un petit volume relié serré au bout des doigts. La partition de Howard Shore pour Le Seigneur des Anneaux monte dans la salle.
Personne ne sait encore que ce livre contient tout ce qui va défiler.
Il vient de la bibliothèque de l’appartement du 31 rue Cambon. Il s’agit des Fées. Contes des contes, de Madame d’Aulnoy, paru en 1697 sous un nom d’emprunt. Ce qui était caché a fini révélé, et ce jeu de cache-cache résume la collection entière.
Ce 7 juillet 2026, Matthieu Blazy présente sa deuxième collection Haute Couture pour CHANEL, et sa première en automne-hiver. Elle porte un titre en forme de clin d’œil, Gaby and the Beanstalk, et déroule soixante-trois passages comme autant de chapitres. Presque tous sortent de ce petit livre.
LE JOUR OÙ MATTHIEU BLAZY A PLANTÉ DES HARICOTS RUE CAMBON
Tout démarre par un achat banal. Le directeur artistique se procure des haricots secs, les met en terre au studio et observe ce qui se passe.
Les pousses sortent rouges et vertes. Ces deux couleurs deviennent la palette de la collection entière. Quant aux plants, ils ont continué de grandir. Ils occupent aujourd’hui les salons de couture du premier étage du 31 rue Cambon.
« J’étais obsédé par l’idée de ce haricot », raconte Matthieu Blazy. L’obsession débouche sur une question qu’il pose sérieusement. La vie de Gabrielle Chanel ressemblait-elle à un conte de fées ? A-t-elle grimpé à l’échelle pour attraper l’oie d’or ?
Il monte alors dans l’appartement de la fondatrice, celui qu’elle n’habitait pas mais où elle recevait. Sur une étagère, il tombe sur le recueil de Madame d’Aulnoy. « Ce livre qui semblait m’attendre », dit-il.
Le communiqué de la Maison résume l’ambition. Avec les ateliers, le créateur a exploré l’idée de « vêtements porteurs d’histoires, comme des livres ».
Une image d’enfance traîne derrière tout cela. Dans le train, le petit garçon rêvait qu’il « mettait des graines partout ». Et qu’il laissait, ajoute-t-il, « derrière moi une forêt ».
Il fait aujourd’hui pousser deux mille mètres de lianes sous une verrière classée.
UN SALON D’HONNEUR DÉVORÉ PAR LE POTAGER
Le décor a surgi dans la nuit. Plus de deux mille mètres de lianes envahissent le salon d’honneur. Cinquante et une fleurs géantes en mousse, sculptées et peintes à la main, s’ouvrent au-dessus des invités.
Les coquelicots dépassent l’échelle humaine. Des lupins grimpent vers la verrière. Entre les deux, des vases démesurés et des fruits de la passion ponctuent le parcours.
La végétation mange les miroirs et emporte les sièges dorés avec elle.
Matthieu Blazy assume la référence. Il cite Jumanji, le film de 1995, et « la scène où les plantes attaquent le salon ». Même le camélia, fleur fétiche de la Maison, se tord ici en version toxique. Le merveilleux garde sa part d’ombre, fidèle aux contes qui effraient autant qu’ils enchantent.
Ce parti pris rappelle une force propre à la Haute Couture. Là où le prêt-à-porter montre des vêtements, la couture bâtit un monde entier.
Un aquarelliste travaille debout au bord du podium, planche à la main, et peint la scène en direct. Il utilise sept pinceaux, toujours les mêmes, depuis presque trente ans de métier. Aucun photographe ne rapporte ce qu’il rapporte, et il le sait.
GUIPURE EN TREILLAGE ET HARICOTS QUI CIRCULENT
Le premier tailleur arrive en guipure de treillage, très ajourée. Des haricots circulent dans la matière, entrecoupés de transparences de mousseline. La légèreté s’affirme d’emblée et traversera les soixante-trois passages.
Suit une minaudière haricot en laiton, posée sur un socle en forme de carrosse qui rappelle Cendrillon. Le socle se vend avec le sac.
Un tailleur de jacquard de soie disparaît ensuite sous les feuillages et les fleurs d’organza. Son galon bijou grimpe le long du buste comme une plante, et il sort de l’atelier de Madame Mireille, qui s’est lâché cette saison. Les boutons prennent la forme de haricots. Des coccinelles et des escargots de perles se prélassent sur les revers.
Les talons racontent déjà quelque chose. Ils se sculptent en fèves, en pois, en potagers entiers. Un œuf d’un côté, une poule de l’autre : la fable de la poule aux œufs d’or se lit à chaque pas.
Un manteau condense l’esprit de la séquence. Ses boutons figuratifs alignent Jack, la harpe d’or et le haricot magique. L’histoire entière tient sur une patte de boutonnage.
LES CONTES COUSUS DANS LE VÊTEMENT
« Chaque fois que vous sortez une couche de vos vêtements, vous révélez quelque chose et la narration change », explique Matthieu Blazy. Les contes procèdent de la même façon, par couches successives.
Jack et le Haricot magique traverse la collection du début à la fin. Une minaudière prend la forme d’une poule aux œufs d’or, et l’œuf se retire du ventre comme le balancier d’une pendule. Le directeur artistique a d’ailleurs demandé à l’un de ses mannequins de lire le conte avant de défiler. Elle ne le connaissait pas et a découvert au passage que l’histoire venait d’Angleterre.
Le Magicien d’Oz fournit le deuxième filon. Une silhouette avance en épouvantail de raphia et d’organza, minaudière ours sous le bras, boutons fleur en pâte de verre. Plus loin, une robe entièrement pavée de boutons bijoux rejoue le chemin de brique jaune. Et un tapis de paillettes rouges renvoie aux souliers de Dorothy.
Boucle d’Or apparaît en couverture de livre sur un tailleur à carreaux rouges et noirs. Un bustier couvert de mille fleurs multicolores célèbre Poucette, l’héroïne échappée de l’hiver grâce à une hirondelle soignée. Les champs fleuris sortent des ateliers Lemarié.
La métamorphose du Vilain Petit Canard se rejoue même en format miniature. Une rangée de boutons suffit, caneton et cygne partageant la même boutonnière.
Le bestiaire déborde ensuite des histoires. Une robe de mousseline se pique de libellules et de fleurs de perles, brodées à l’aiguille chez Lesage, avec des pétales de Lemarié et des souliers vert toxique de Massaro. Un tailleur noir et vert acide joue l’organza, la douceur en lurex et la guipure en mystère. Sa passementerie de crochet et de perles serpente sans contrôle, comme du lierre échappé.
Les méchantes des contes obtiennent leur revanche. Des fleurs-champignons noirs contaminent une robe sage. Un ensemble jupe brodé luit comme le bitume sur un fond de robe vert haricot.
Les contes servent aussi à se faire peur. Le col d’une robe de tweed aux fleurs duveteuses s’entoure d’un galon de fleurs de tarentule, l’araignée qui rend fou.
LES ATELIERS FONT PARLER LES BOUTONS
Une veste carapace avance vers l’entrée du podium. Cinq boutons la ferment. Le premier montre un bourgeon de tournesol, le deuxième une fleur ouverte, le dernier un tournesol fané.
La vie complète d’une plante tient sur une boutonnière.
Le pantalon assorti ressemble à un jean. Le tissu vient de chez Lesage, tweed tissé en illusion de denim, et les surpiqûres sont des broderies. La sophistication se déguise en laisser-aller.
Une autre silhouette passe en meule de foin, sous des allumettes de raphia peintes une à une à la main. Le tweed atteint là son relief maximum, coiffé d’un chapeau signé Maison Michel.
Ailleurs, un tweed compte vingt-quatre fils. Les métiers à tisser en acceptent douze. Rubans, fils métallisés, fils boulettes, galons, tricotines et bandes de dentelle de Valenciennes s’empilent dans la même étoffe.
Un tailleur s’habille entièrement de tubes de verre formant une tapisserie de fleurs translucides, doublure transparente, bonnet échevelé coordonné. Cette folie scintille de loin. Sur une autre robe, les fleurs éparpillées par Lesage semblent délavées, séchées au vent, quand celles de la veste éclatent encore de jaune et de mauve.
La robe du Vilain Petit Canard reste la pièce maîtresse. Sa broderie intégrale se déroule comme une tapisserie de Bayeux, avec plusieurs scènes juxtaposées : un lac, des roseaux, puis l’envol du cygne dans toutes les directions. Le dessin a demandé trois cents heures. La broderie au crochet de Lunéville en a exigé trois mille cent vingt chez Lesage. La couture a mobilisé cent vingt heures supplémentaires dans l’atelier de Madame Christine. Le compte final atteint deux millions six cent mille perles, réparties en cinquante-sept coloris.
Les autres maisons d’art suivent le même régime. Goossens fond les minaudières haricot en laiton et les pies d’orfèvrerie. Desrues fournit les boutons bijoux, jusqu’à en couvrir une robe entière. Montex déploie la technique de Cornely sur des broderies d’abeilles et de fleurs qui traversent les transparences. Massaro chausse la fable. Maison Michel coiffe les épouvantails et pose des chapeaux en forme de nid. Lemarié façonne pétales, plumes et pompons torsadés à la main.
Sur une robe tailleur, les paillettes rouges ont été portées à ébullition. Le procédé donne cette densité de tapis que l’œil ne saisit pas au premier passage.
Matthieu Blazy résume sa position sans détour. « CHANEL Couture n’est pas une question de grand wow. Il s’agit des détails. »
LES DOUBLURES SONT LE VRAI SUJET
Tout se lit à l’envers. L’essentiel se trouve à l’intérieur des vestes, invisible pour tout le monde sauf pour celle qui les porte.
Certaines soies imprimées figurent des forêts enchanteresses. D’autres accueillent les faux Post-it brodés par Lesage.
Matthieu Blazy le raconte lui-même en coulisses. « Si vous entrouvrez la veste que portait Julia Nobis sur le runway, vous verrez, brodés par Lesage sur des Post-it en soie de couleur, des to-do lists du quotidien : aller au supermarché, penser à la pizza au frigo, récupérer les enfants à l’école, préparer une réunion de travail. »
Le geste le plus précieux des ateliers sert une charge mentale ordinaire, et c’est tout le propos.
Un manteau d’apparente sobriété pousse le jeu plus loin. Ses boutons figurent des pâquerettes aux pétales décroissants, effeuillées comme on consulte le hasard amoureux. Un peu, beaucoup, passionnément, la comptine se déroule le long du devant. Sa doublure attend les pense-bêtes et les mots doux de la future propriétaire.
Sous un tailleur envahi de pétales noires, un chemisier cache une simple fourmi rebrodée. L’insecte vaut invitation. À la cliente de choisir l’animal ou le motif qu’elle fera broder, puisque la couture reste du sur-mesure, donc un vêtement personnel.
Une veste de tweed à carreaux rouges et noirs va plus loin. Elle se porte à l’envers, doublure entièrement illustrée exposée au grand jour. Le treillage des carreaux se déforme au fil de l’anatomie, moulé sans couture apparente.
Sur un autre passage, la doublure habille Le Chat botté en CHANEL.
L’enfance affleure partout sans mièvrerie. Un ourson se fait minaudière, des poules se nichent dans les talons et les sacs.
Cinq silhouettes plus tard, la collection bascule dans le minimal absolu. Cinq passages du quotidien se succèdent, sobres, dont les doublures cachent chacune leurs pense-bêtes brodés.
LA PIE VOLEUSE ET LA TENTATION DU MINIMAL
La pie voleuse traverse la collection comme un double du créateur.
Les chaînes, conçues à l’origine pour lester les doublures des vestes, s’amassent ici en butin. Elles bordent les cols, garnissent les robes de boutons et d’or, ensevelissent une cotte de mailles sous un fatras de perles.
Un galon asymétrique traîne derrière une mousseline grise comme un trésor ramassé au hasard. Sur une épaule, deux pies d’orfèvrerie signées Goossens se posent, l’une couvant, l’autre ailes déployées. Elles distraient l’œil du minimalisme redoutable de la petite robe noire sans manches qu’elles décorent.
Ce bric-à-brac savant vient de loin. Gabrielle Chanel accumulait les objets avec talent, et Matthieu Blazy reconnaît dans cette manie quelque chose de son propre processus créatif.
LA COLONNE VENDÔME, LE JERSEY ET LE CHAMP DE LAVANDE
Sous les contes, une autre lecture avance en parallèle. Matthieu Blazy a décortiqué la biographie de la fondatrice.
Une robe colonne de mousseline traverse le podium, fleurs brodées par Montex, un œuf d’or posé sur l’épaule comme un trophée rapporté du sommet. Les bandes qui remontent en diagonale reprennent le dessin de la colonne Vendôme. Gabrielle Chanel la contemplait chaque jour depuis sa chambre du Ritz.
La seconde version de cette robe colonne inverse la proposition. À la place des soldats napoléoniens montant de victoire en victoire, des fleurs noires effilochées explosent à la surface d’un tweed bouclé. Lemarié et Montex cosignent ce feu d’artifice sombre. Un oiseau se cache quelque part dans la broderie, et c’est au spectateur de le trouver.
Vient ensuite le jersey.
La matière sort des sous-vêtements, et la couturière l’a transformée en tissu de luxe voilà un siècle. Le drapé semble improvisé, jeté à la va-vite dans un rouleau d’étoffe, comme un geste de studio saisi sur le vif. Un dos nu asymétrique reprend la même désinvolture calculée quelques passages plus tard.
Un ensemble manteau et pantalon rappelle un autre emprunt. Gabrielle Chanel fut la première à porter au grand jour le manteau de son homme.
Le tailleur historique se décline sans manches, en jupes très courtes, en vestes boutonnées dans le dos, avec des irrégularités calculées. Le vestiaire s’organise autour de quelques constantes. La taille tombe bas, comme aux débuts de la Maison. Le plissé sert à marcher vite. Les mains restent enfoncées dans les poches. Une silhouette résume ce lexique à elle seule, dans le beige initial de la rue Cambon. Ailleurs, le grenat de la fondatrice revient, décliné en bourgogne et en bordeaux.
Une photographie a servi de référence pendant toute la conception. On y voit Gabrielle Chanel allongée dans un champ de lavande, la cigarette au bec.
C’est cette allure-là que la collection vise, celle de la femme allongée dans l’herbe qui fume.
LES MANCHES ARRACHÉES
Un gilet sort dont les manches ont disparu. Le tissu a été déchiré, pas découpé.
Le geste vient des archives photographiques. « J’ai trouvé de nombreuses photos de Gabrielle Chanel où elle attaque le vêtement », explique Matthieu Blazy. « Elle n’épingle pas la manche, elle l’arrache. J’étais très intéressé par le processus physique de fabrication. »
La couturière travaillait la matière avec une forme de rage pendant les essayages. Cette violence de l’atelier devient ici un principe de collection.
Le directeur artistique revendique deux filiations. Il a revu ce geste chez Raf Simons. La célébration de l’inachevé, il l’a pratiquée chez Martin Margiela.
Sur une autre silhouette, la robe semble coupée en deux, puis rattachée d’un coup d’épingle à nourrice. Le vêtement montre sa fabrication au lieu de la dissimuler.
Matthieu Blazy a écarté ce qui pesait trop lourd. Il dit avoir « écarté tout ce qui était trop opulent ». La collection y gagne sa nervosité.
LA MARIÉE N’EST PAS LA FIN
La robe de mariée apparaît au milieu du défilé, à contre-emploi. Ses étages de dentelle semblent taillés à la tronçonneuse. Elle porte les traces de coups de ciseaux, tranchée puis portée devant derrière. La jupe se pose sur un haut de pantalon d’homme en satin beige.
Puis le défilé continue.
Le geste n’a rien d’une provocation. Gabrielle Chanel ne clôturait pas ses présentations par une mariée. Matthieu Blazy renoue avec l’usage de la Maison contre la convention de la Haute Couture d’après-guerre.
Juste avant la fin, une petite robe noire de crêpe de laine arrive, sévère comme Aubazine. Dans le dos, un nuage de pétales gaufrés et de tubes d’organza figure des ailes d’ange arrachées.
La dernière silhouette porte le numéro soixante-trois sur soixante-trois. La robe se révèle longue, noire, fendue haut, le cou bordé de fleurs tarentules brodées par Montex. Des rembourrages marquent les hanches d’un galbe volontaire.
Matthieu Blazy la désigne d’une formule, sourire aux lèvres. « La dernière, c’est la robe noire, la revenge dress de Chanel, qui ne s’est jamais mariée. »
La robe de revanche l’emporte sur la robe de mariée. Une silhouette de défi plutôt que de cérémonie signe le dernier mot du conte.
UN PREMIER RANG DE PIONNIÈRES ET DE CINÉMA
Le parterre en dit long lui aussi.
Catherine Deneuve assiste à son tout premier défilé CHANEL, accueillie par Bruno Pavlovsky, Président des activités mode. À son bras, Gilles Dufour, collaborateur de Karl Lagerfeld de 1983 à 1997, revient rue Cambon pour la première fois depuis son départ. En sortant, il parle de « frissons ».
Le cinéma s’installe autour d’eux avec Tilda Swinton, Pedro Pascal, Michelle Yeoh, Lupita Nyong’o, Vanessa Paradis et le réalisateur Hirokazu Kore-eda.
La Maison convie surtout des pionnières françaises : la cycliste Jeannie Longo, la patineuse Surya Bonaly, la réalisatrice Euzhan Palcy, la boxeuse Imane Khelif. Ce parterre d’invitées prolonge celui du podium, où défilent des femmes de tous les âges, des visages des années 1990 aux nouvelles venues. En coulisses, l’un des mannequins fêtait ses cinquante ans le soir même, en robe de paillettes rouge géranium.
La démonstration se passe de discours.
CE QUE CE DÉFILÉ DIT DE LA MAISON
Quatre observations restent après le dernier passage.
Aucun double C ne traverse le podium, aucun monogramme ne figure sur les boutons. On en trouve sur les étiquettes et à l’intérieur des chaussures, nulle part ailleurs. La Haute Couture se reconnaît à la main, pas au monogramme.
La distribution mélange les générations, et la Maison en fait un parti pris plutôt qu’une exception.
Matthieu Blazy signait là son sixième défilé en moins d’un an. Il revendique la méthode de Rick Owens et de Martin Margiela. Elle consiste à faire évoluer une idée d’une saison à l’autre plutôt qu’à réinventer la roue tous les six mois. Les couleurs toxiques et l’imaginaire végétal figuraient déjà dans sa première collection Haute Couture, présentée en janvier.
Reste une réserve, et je la formule sans détour. Quand chaque bouton porte un récit, la broderie finit par assurer le travail que la construction devrait faire. Retirez la narration de plusieurs de ces silhouettes et il subsiste une coupe sage, parfois attendue. Cette collection constitue d’abord un exploit d’ateliers.
Le pari tient malgré tout, pour une raison simple. Matthieu Blazy a placé le récit à l’intérieur du vêtement, là où seule la cliente le trouvera. La couture cesse de s’adresser au photographe. Elle s’adresse à des femmes en mouvement, qui marchent à grands pas et plient leurs vêtements dans une valise.
Le petit livre, lui, retourne sur son étagère du 31 rue Cambon. Un étage plus bas, les plants de haricots continuent de pousser dans les salons de couture.
Mention obligatoire : © espritdegabrielle.com
Crédits photos et vidéo : © CHANEL
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